Rééducation orthophonique

Écrit par les experts Ooreka

Après avoir établi un bilan orthophonique, l'orthophoniste propose à son patient une rééducation orthophonique pour traiter le trouble détecté. Il s'agit de remédier aux difficultés dont il souffre aussi bien en termes physiques qu'émotionnels.

Objectif de la rééducation orthophonique

La rééducation orthophonique est l'intervention par laquelle l'orthophoniste prend en charge les troubles de ses patients, quels qu'ils soient (en pratique, le médecin prescripteur aura préalablement adressé un courrier demandant un bilan orthophonique avec « suivi de rééducation si nécessaire »).

La rééducation doit s'adapter à la fois au patient et à sa pathologie. Quel que soit le problème pris en charge, la rééducation évolue au fil du temps car elle s'ajuste à l'évolution des troubles.

En se basant sur le bilan orthophonique, les objectifs de l'orthophoniste sont multiples. Ils visent néanmoins toujours à stimuler la fonction déficiente, à la contrôler et à éliminer le trouble.

À noter : les grandes lignes indiquées ci-dessous ne s'appliquent pas nécessairement à tous les troubles : la prise en charge est plus complexe en cas d'autisme, de syndrome d'Asperger ou encore d'anosognosie par exemple.

Rééducation orthophonique pratique

L'objectif reste de permettre à l'enfant ou l'adulte de continuer à progresser malgré son handicap. Pour cela, l'orthophoniste va faire en sorte de :

  • renforcer les domaines dans lesquels le patient est performant ;
  • améliorer les performances des compétences fragiles ;
  • travailler l'écrit pour amener le patient au maximum de ses possibilités ;
  • mettre en place des stratégies d'apprentissage positives ;
  • mettre en place des outils tenant compte du déficit, notamment pour faciliter la communication (utilisation d'un ordinateur par exemple) ;
  • adopter, si nécessaire, des moyens de compensation (par exemple, on cherche à renforcer les capacités visuelles d'un patient souffrant de troubles auditifs).

Rééducation orthophonique émotionnelle

Il est important de rassurer, notamment les enfants, qui sont plus vulnérables. Ainsi, c'est aussi le rôle de l'orthophoniste de :

  • donner au patient le plaisir d'écrire (le thérapeute lui montre ce que permet ce savoir : raconter des histoires, exprimer des émotions, communiquer à distance, etc.), et surtout de lire (grâce à des livres susceptibles de les intéresser) ;
  • aider le patient à lutter contre l'angoisse liée à ses troubles, comme par exemple en cas de bégaiement ;
  • redonner confiance aux enfants en les aidant à se sortir d'une situation d'échec ;
  • faire prendre conscience aux parents des capacités de leur enfant, ce qui passe par accepter le handicap sans dévalorisation ;
  • amener les parents, en cas de troubles particulièrement sévères, à voir l'intérêt qu'ils ont à réorienter leur enfant ou à lui faire suivre une thérapie spécifique en complément.

Rééducation orthophonique des troubles sévères

Rééducation palliative

Dans les cas les plus graves (suite d'AVC, traumatisme crânien, aphasies dégénératives, maladie d'Alzheimer, etc.), la rééducation orthophonique peut être palliative :

  • elle peut s'étaler sur plusieurs mois voire plusieurs années.
  • les séances durent généralement entre une demi-heure et une heure trois fois par semaine.
  • la rééducation vise alors essentiellement à :
    • faciliter la communication du patient ;
    • lutter contre le mutisme ;
    • éviter la mise en place de comportements stéréotypés.

Bon à savoir : pour ce type d'approche, en cas de handicap sévère, il est parfois plus intéressant de se tourner vers un phoniatre.

Maladie de Parkinson

Chez les patients parkinsoniens, la rééducation est axée sur le contrôle volontaire (pour lutter contre la défaillance du contrôle automatique du langage) en utilisant notamment une méthode type LSVT (Lee-Silveman Voice Treatment.

Maladie d'Alzheimer

Chez les patients souffrant de la maladie d'Alzheimer, le praticien se sert souvent la thérapie PACE (Promoting Aphasics Communicative Effectiveness) qui se base sur l'instauration d'un dialogue et d'une communication multimodale (par la parole mais aussi les gestes, le regard...). Le thérapeute emploie aussi des outils tels qu'un calendrier, un bloc-note, etc.

Sclérose latérale amyotrophique

Chez les patients présentant une sclérose latérale amyotrophique (SLA), l'orthophoniste a pour principal objectif le maintien de la communication le plus longtemps possible, aussi réduite soit-elle. Il s'agit de :

  • préserver une communication verbale compréhensible (travail sur la respiration, le souffle, l'articulation et les mouvements des lèvres et de la langue) ;
  • mettre en place des méthodes de communication alternatives chez les patients dont les fonctions motrices sont insuffisantes.

À noter : chez les patients présentant des troubles moteurs (hémiplégie marquées) et en cas d'aphasie post-AVC par exemple, l'orthophoniste doit tenir compte de la fatigabilité du patient et préférer des séances courtes, mais régulières et fréquentes.

L'approche neuropsychologique en orthophonie

La principale méthode employée en orthophonie est l'approche neuropsychologique, dont l'intensité varie en fonction de l'importance du trouble à corriger. Généralement, cette technique permet de (ré)apprendre l'écriture en partant de données simples pour aller vers de plus complexes. On parle de rééducation des compétences socles, lesquelles constituent une base pour les apprentissages futurs.

À la suite et en parallèle à ce travail, en fonction de la progression du patient, l'orthophoniste utilise d'autres exercices d'orthophonie portant sur :

  • la lecture ;
  • la compréhension orale ;
  • la production écrite (orthographe et construction du récit).

Là encore, chaque étape est centrée sur le problème le plus marqué et adaptée au trouble à traiter :

  • Trouble du langage : difficultés à choisir les mots, à combiner les mots pour faire des phrases, à comprendre le sens des mots.
  • Trouble de la parole : difficultés d'articulation et de prononciation.
  • Trouble du mouvement : difficultés de coordination.
  • Trouble de développement : difficultés à communiquer et à développer des interactions sociales

Autres méthodes de rééducation orthophonique

Il existe d'autres méthodes de rééducation qui peuvent compléter l'approche neuropsychologique :

  • L'approche psychothérapeutique (Chassagny) avec la pédagogie relationnelle du langage (PRL), qui s'intéresse davantage au patient qu'à son symptôme. Cette technique est intéressante aussi bien en cas d'autisme que de dyslexie, par exemple. Le travail consiste à se servir d'associations qui constituent un moyen de communiquer tant sur le fond que sur la forme.
  • La méthode Tallal, qui cible spécifiquement les troubles du traitement de l'information. Le travail est axé sur la perception auditive, sur la chaîne sonore et parlée, sur le rythme, les intonations (accent, ton, inflexion de voix, etc.).
  • La méthode Davis, qui cherche d'une part à éliminer les causes de la « désorientation perceptive », et d'autre part à la contrôler. Il s'agit d'un programme intensif composé d'une évaluation des capacités perceptives et de conseils d'orientation spécifiques à chaque patient.

  • La gestion mentale (La Garanderie), qui consiste à dialoguer avec les enfants qui présentent des troubles orthophoniques. L'idée est de permettre aux patients de se questionner et de réfléchir sur leur propre mode de fonctionnement.
  • L'approche neurolinguistique (Gelbert), utilisée notamment en cas d'aphasie, mais qui peut aussi être adaptée à d'autres troubles. Elle consiste à réaliser des exercices répétés et systématiques afin de diminuer les troubles du langage qui surviennent en cas de parole spontanée, de lecture à voix haute, de copie, de répétition, etc.
  • L'approche langagière (Françoise Estienne-Dejong, philologue et orthophoniste) qui cherche à favoriser l'expression en libérant sa créativité. Cette technique permet de donner confiance à l'enfant vis-à-vis de lui-même et des autres. Celui-ci participe directement et activement à sa rééducation en établissant un contrat avec son thérapeute.

Quelle que soit la méthode employée, il y a contre-indication à une séance de rééducation orthophonique si le patient est violent. Néanmoins cette réaction n'est souvent que passagère.

Combien de séances pour arriver à quels résultats ?

Il est très difficile de prévoir à l'avance le nombre de séances d'orthophonie nécessaires pour arriver à un bon résultat. En effet, tout dépend de l'enfant (ou de l'adulte) et de son trouble.

Le bilan orthophonique de départ pourra déjà donner une petite idée de l'importance de la rééducation qu'il faudra mener. Cette première évaluation devra ensuite être ajustée en fonction des progrès réalisés.

  • Pour les troubles mineurs, on programme initialement une première série de 30 séances. Si cela reste insuffisant, on reprogramme des séries de 20 séances autant de fois que nécessaire.
  • Cependant, la plupart du temps, les rééducations orthophoniques portent leurs fruits. Cela est particulièrement vrai concernant les retards. Une fois les bases instaurées, réapprises, les enfants font de rapides progrès.
  • Pour ce qui est des véritables troubles tels que la dyslexie ou la dysphasie, par exemple, on ne les soigne pas à proprement parler. La rééducation aide les enfants à mettre en place des stratégies de contournement permettant de vivre avec ses troubles en apprenant à les compenser. Ce deuxième type de rééducation est beaucoup plus long.

Aides et aménagements liés à la rééducation orthophonique

En dehors de la rééducation orthophonique, les patients peuvent bénéficier d'aides dans le cadre de la formation initiale et continue. Par exemple, pour passer un examen ou un concours, ils ont le droit de disposer d'un temps de rédaction supplémentaire (un tiers de plus que les autres élèves).

Les enfants et les jeunes adolescents peuvent également être aidés par un auxiliaire de vie scolaire (AVS) pendant les cours (pour prendre des notes, fournir des polycopiés, reformuler les consignes, etc.) et au moment des évaluations.

Néanmoins, pour bénéficier de ces aides, il faut obtenir une reconnaissance de handicap par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH), dont la commission décide des aménagements à mettre en place dans le cadre du « projet de vie » de l'enfant ou de l'adulte. La démarche est longue, il faut donc s'y prendre le plus tôt possible, et les familles doivent faire preuve de persévérance.

L'orthophoniste peut conseiller les patients et les aider dans les démarches visant à obtenir ces aides.

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