Dysphonie

Écrit par les experts Ooreka

La dysphonie fait partie des troubles de la parole que traite l'orthophonie. Cette altération de la voix nécessite une rééducation orthophonique pour les cas les plus sévères, après un certain nombre d'examens pour en vérifier l'origine.

Comprendre la dysphonie

La dysphonie est une altération de la voix. Dans ce trouble de la parole, la voix est modifiée en intensité et/ou en hauteur, de même que, potentiellement, son timbre. Par exemple, une voix éraillée ou un enrouement font partie des dysphonies.

Cette atteinte de la parole affecte le plus souvent des personnes qui se servent régulièrement de leur voix dans le cadre de leur activité professionnelle (enseignants par exemple) ou chez les enfants qui crient beaucoup. Dans ce cas, on constate souvent l'apparition de nodules.

Bon à savoir : il existe également une dysphonie dite spasmodique, au cours de laquelle le patient ne parvient plus à contrôler sa voix, qui devient alors saccadée (les personnes âgées d'environ 45 ans sont les plus concernées).

Origines de la dysphonie

Les origines de la dysphonie sont nombreuses et plus ou moins bénignes. Elle peut être :

  • Psychosomatique.
  • Psychique (souvent chez des femmes) : dans ce cas-là, on observe une aphonie totale d'apparition brutale et d'évolution variable.
  • Musculaire (problème lui aussi supposément déclenché par un stress) avec des troubles de la déglutition et affectant :
    • le larynx ;
    • le pharynx ;
    • les cordes vocales.
  • Membraneuse (anomalie vibratoire la muqueuse qui recouvre les cordes vocales).
  • Fonctionnelle (par sollicitation excessive de la voix), chez des personnes qui ont forcé ponctuellement sur leur voix ou qui la surmènent de façon chronique.
  • Neurologique (lésion crânienne ou cervicale).
  • Lésionnelle par atteinte d'une corde vocale :
    • nodules, chez les personnes qui forcent leur voix ;
    • polypes, lorsque la voix forcée s'associe à une consommation de tabac (lésions plus suspectes que les nodules).
  • Articulaire, mais rarement, par blocage de l'articulation crico-aryténoïdienne (en cas de polyarthrite rhumatoïde par exemple).
  • Inflammatoire :
    • laryngite aiguë ou chronique, rhinopharyngite, etc. ;
    • papillomatose (lésions des cordes vocales et parfois de la trachée dues au papillomavirus) avec des récidives fréquentes ;
    • granulome (inflammation des cordes vocales suite à une intubation ou un reflux gastro-œsophagien).
  • Cancéreuse :
    • carcinome de l'œsophage ou de la tachée par exemple, surtout chez les fumeurs ;
    • cancer sur le trajet du nerf pneumogastrique (Xe paire de nerfs crâniens) ou du nerf laryngé inférieur qui contrôle les muscles qui composent les cordes vocales.
  • Congénitale (kyste de la corde vocale).
  • Endocrinienne (en raison d'une hypothyroïdie par exemple).
  • Chirurgicale, par atteinte du nerf laryngé inférieur, suite à une opération de la glande thyroïde, de la carotide, du poumon, des cervicales, etc.

Examens complémentaires et traitement de base

Définir l'origine de la dysphonie

Parfois des examens complémentaires sont nécessaires pour préciser l'origine de la dysphonie. Ce type d'exploration est notamment pratiqué par un phoniatre, si la dysphonie dure plus d'une semaine.

Ainsi, en cas de dysphonie, l'orthophoniste peut n'intervenir que dans un second temps après qu'ont été réalisés :

  • une exploration du larynx et/ou des cordes vocales par laryngoscopie indirecte ou fibroscope ;
  • un examen fonctionnel, notamment en cas de suspicion de lésions de faible importance, par stroboscopie (pour évaluer la vibration des cordes vocales) et par bilan phoniatrique (enregistrement et étude de la voix) ;
  • une étude des nerfs crâniens (au niveau de la base du crâne et du tronc cérébral) par IRM ou scanner ;
  • une étude des cordes vocales par électromyographie (en cas d'incertitude entre une paralysie laryngée ou un blocage mécanique des cordes vocales) ;
  • une laryngoscopie directe en cas de suspicion de cancer du larynx (notamment chez un homme d'âge mûr et alcoolo-tabagique) ;
  • éventuellement une échographie de la glande thyroïde.

Prise en charge des dysphonies bénignes

Dans les cas les plus bénins, par exemple en cas de dysphonie due à une laryngite aiguë, de simples règles d'hygiène de vie sont à respecter :

  • repos de la voix ;
  • arrêt de la consommation de tabac ;
  • traitement anti-inflammatoire général et local ;
  • traitement antibiotique en cas d'inflammation d'origine bactérienne.

Pour ce qui est des laryngites chroniques, la dysphonie fait une apparition progressive, la voix devenant peu à peu grave et rauque.

Traitement orthophonique

Une fois écartées les origines les plus grave de la dysphonie, un orthophoniste peut être consulté. L'orthophonie est en effet le seul traitement d'une dysphonie fonctionnelle.

En revanche, les dysphonies d'origine psychosomatique peuvent également être traitées par des approches complémentaires, telles que l'hypnose, la programmation neurolinguistique (PNL), etc.

Rééducation orthophonique de la dysphonie

Suite au bilan orthophonique, la rééducation, qui peut intervenir dès l'âge de 5 ans, a pour objectif généraux :

  • de faire disparaître les lésions, notamment les nodules des cordes vocales et de corriger les paralysies ;
  • d'améliorer la voix ;
  • de diminuer les « fausses routes » (mauvais trajet des aliments qui passent par les voies aériennes et non pas seulement dans l'œsophage) éventuelles en améliorant la déglutition ;
  • de rendre la toux plus efficace.

Bon à savoir : ce n'est que lorsque l'approche orthophonique classique ne permet pas de corriger des nodules à l'origine d'une dysphonie qu'une microchirurgie peut être envisagée (les nodules retirés seront également analysés pour s'assurer qu'ils ne sont pas cancéreux).

Méthodes de rééducation

Pour atteindre ces objectifs, l'orthophoniste oriente son traitement selon quatre axes principaux :

  • la relaxation du corps et plus spécifiquement des muscles participant à la phonation (pharynx, larynx), en association avec la mise en place d'une bonne position du rachis cervical et de la tête ;
  • l'adoption d'une bonne respiration (bien coordonner souffle et émission de son) ;
  • l'émission douce de son en exerçant un travail de résonance destiné à rendre la phonation efficace et indolore ;
  • le maintien de la voix à une hauteur adaptée (en travaillant l'articulation et la résonance).

L'orthophoniste propose des exercices à la fois parlés et chantés. Il s'agit de faire prendre conscience notamment de sa voix et de sa respiration au patient. À terme, la finalité est de permettre aux personnes de connaître leurs capacités et de savoir aussi bien se préserver que s'entraîner pour les améliorer.

Par ailleurs, le thérapeute pointe du doigt les attitudes inappropriées afin de les faire changer. Par exemple :

  • il corrigera un professeur qui parle trop vite sans prendre le temps de respirer correctement ;
  • il fera prendre conscience de son comportement à une mère qui appelle ses enfants à l'autre bout de la maison.

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