Dysgraphie

Écrit par les experts Ooreka

Comme la dyslexie, la dysorthographie ou la dyscalculie, la dysgraphie est un trouble du langage écrit et scolaire. Une prise en charge orthophonique peut traiter les enfants dysgraphiques.

Définition de la dysgraphie

La dysgraphie est un problème d'écriture dans lequel les enfants ne parviennent pas à organiser et à coordonner leur écriture, ce qui la rend difficilement compréhensible. Ce trouble concerne environ 10 % des enfants, et surtout des garçons.

La dysgraphie peut concerner les enfants qui débutent dans l'écriture, mais elle peut également faire son apparition à n'importe quel âge, dans le cadre de certaines pathologies (maladie de Dupuytren, de Parkinson, etc.).

Chez les personnes dysgraphiques, aucun déficit neurologique ou intellectuel n'explique ce trouble. Néanmoins certaines dysgraphies peuvent être associées à des pathologies telles qu'une IMC, un AVC ou une tumeur cérébrale par exemple.

Les différents types de dysgraphie

On distingue :

  • les dysgraphies maladroites ;
  • les dysgraphies crispées, si l'écriture est raide et le trait tendu ;
  • les dysgraphies molles, si l'écriture manque de tenue, notamment avec des lettres irrégulières ;
  • les dysgraphies impulsives, si l'enfant écrit vite au détriment de la forme des lettres qui perdent toute structure ;
  • les dysgraphies lentes et précises, dans lesquelles, à l'inverse de la dysgraphie impulsive, le patient parvient à écrire correctement en fournissant de très importants efforts qui sont épuisants ; l'écriture est alors excessivement appliquée et précise.

À noter : la dysgraphie est un motif de consultation fréquent en orthophonie.

Caractéristiques de la dysgraphie

Ce trouble se traduit essentiellement par :

  • des problèmes dans le tracé des lettres, qui sont mal formées (les courbes sont mal faites et les lignes ne sont pas droites) et de taille inégale ;
  • des espaces entre les mots qui ne sont pas respectés.

À noter : l'écriture de la personne dysgraphique est un peu la même que celle qu'obtiendrait un droitier écrivant de la main gauche ou inversement.

En raison de ces difficultés :

  • le patient a des difficultés à se faire comprendre par écrit (il est difficilement lisible) ;
  • l'écriture est lente ;
  • écrire est fatigant voire douloureux ;
  • réaliser une tâche supplémentaire est impossible car l'écriture demande à elle seule trop d'efforts ;
  • la personne va de moins en moins écrire.

La dysgraphie est un trouble durable. Il n'est pas que passager.

Origines de la dysgraphie

La dysgraphie peut avoir plusieurs origines :

  • une mauvaise tenue du crayon, parfois en raison d'une dyspraxie ;
  • des difficultés motrices générales (mauvaise perception du schéma corporel), des problèmes de latéralité ou une mauvaise posture ;
  • des difficultés à reproduire les lettres, ce qui s'observe notamment en cas de troubles visuels (difficultés à se positionner dans l'espace) ;
  • un handicap visuel (chez l'enfant il s'agit surtout de troubles de la coordination oculomotrice) ;
  • la crampe de l'écrivain ;
  • des pathologies telles que la maladie de Dupuytren ou de Parkinson ;
  • une immaturité psychologique (manque de confiance en soi, problèmes familiaux, etc.) avec la mise en place d'un cercle vicieux qui ralentit voire empêche l'apprentissage de l'écriture ;
  • parfois une dyslexie qui s'associe généralement à une dysorthographie (notamment si l'enfant cherche à accélérer le rythme de son écriture) ;
  • un traumatisme.

Traitement de la dysgraphie

Le traitement de la dysgraphie débute par un bilan orthophonique permettant tout d'abord de diagnostiquer le trouble. Généralement, des examens complémentaires sont aussi menés auprès de divers spécialistes :

  • pédiatre ;
  • neurologue ;
  • psychomotricien...

La prise en charge est en effet pluridisciplinaire : elle fait notamment intervenir un orthophoniste, un ergothérapeute et un psychomotricien, qui collaborent pour traiter la dysgraphie.

L'essentiel du traitement consiste à permettre au patient de se relaxer pour parvenir à contrôler ses gestes. Pour cela, on propose :

  • des exercices graphiques ;
  • des jeux adaptés.

Il s'agit également de travailler sur les autres points faibles du dysgraphique :

  • sa posture ;
  • la motricité fine ;
  • la tenue du scripteur (stylo, crayon) ;
  • la formation des lettres.

L'accent est mis sur la qualité de l'écriture plus que sur sa quantité, afin de valoriser l'enfant et ainsi le remotiver.

Ce type de prise en charge s'adresse notamment aux dysgraphiques sévères, pour qui les séances ont lieu toutes les semaines.

Aménagement scolaires liés à la dysgraphie

Les enfants dysgraphiques peuvent bénéficier :

  • d'un tiers temps supplémentaire lors des examens ;
  • de certains aménagements scolaires :
    • cours photocopiés ;
    • prêt d'un ordinateur ;
    • horaires allégés, etc.

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